dimanche 11 juin 2017

Extrait 3/14 : Ur

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 « Il est accroupi, seul dans la nuit froide, enveloppé par le silence du désert et une clarté aigüe. Venu de l’est, le vent lui apporte en sifflant des odeurs de rocaille humide, de terre brûlée et des relents de charognes. De son poste de guet, il voit une rivière de chaux couler en nappes sur Ur et ses faubourgs. Il se dit qu’un lambeau arraché au ciel de midi a été abandonné sur les tumulus et les collines poissées. Tout autour, l’ombre des ruines prend des formes inquiétantes tels ces halos piquetés de petites auréoles sombres. Son regard se promène sur les vieilles pierres. Ici, à Qamirnah, la lune est dans sa cité. Déesse, elle y prend ses aises car d’invisibles dévots célèbrent son culte.

Il ne les voit pas mais il sait. »
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samedi 10 juin 2017

Extrait 2/14 : Gaza

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« Une pièce, donc. Au rez-de-chaussée d’une maison à deux étages. Le premier et le second sont inoccupés car inhabitables. Des trous dans les murs, impacts d’obus, perforations de balles, gravats et cendres. Un paradis pour les rats et les insectes. La maison, ou ce qu’il en reste, est promise à la destruction. Un jour, on ignore quand mais il viendra, l’armée israélienne le dynamitera et les bulldozers la transformeront en tas informe hérissé par les treillis d’acier. La grand-mère le sait. La petite-fille l’a deviné. C’est la vie ou ce qu’il en reste. Dans la pièce où elles se trouvent, les affaires les plus importantes sont toujours à portée de main. Les soldats ne donneront que quelques minutes pour évacuer l’endroit. Il faudra faire vite. Très vite. »
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vendredi 9 juin 2017

Extrait 1/14 : Bagdad

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« Bagdad est blême. Ses toits et terrasses sont couverts par un linceul d’albâtre qui s’unit à la nuit. Dans les eaux lourdes du Tigre, les carpes remontent à la surface, attirées par les faisceaux lumineux qui trouent le ciel et par les reflets de la pleine lune qui s’émiettent telles des perles échappées d’un écrin de velours.

Ce n’est pas encore l’aube mais la ville ne dort pas. Ou plutôt, elle ne dort plus. Des explosions retentissent à l’ouest et au sud, là où se dressent quelques palais du tyran. A chaque fracas, un souffle puissant fait trembler le sol et les murs. C’est l’ombre de la guerre, encore une, certainement pas la dernière, qui déploie ses ailes. »
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jeudi 8 juin 2017

Jour J !

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Parution aujourd'hui. 
Jour J ; D-Day ; يوم ي
Bonne lecture aux lectrices et aux lecteurs...
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mercredi 7 juin 2017

Ô Sultan

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Ô Sultan, mon maître, si mes vêtements sont déchirés et en lambeaux
C’est parce que tes chiens ont la permission de me mettre en pièces


                                                                                    Nizzar Qabbani
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mardi 6 juin 2017

Pleine Lune

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Es-tu coupe de lait frappé qui mousse,
       rivière de nacre
Reste de jour incandescent sur
      les joues de la nuit odorante

                                                    Nâzik al-Malâïka
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lundi 5 juin 2017

Ainsi vint la guerre

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Ainsi vint la guerre
bête qui se ramasse, fonce et bondit
dévore mères, enfants et pères
Les rayons de lune guidaient l'ennemi
ses hordes l'emportèrent
Absente, oubliée, était la poésie
Elle seule aurait pu vaincre les vipères.

A.B
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